Le Cid

dimanche 22 janvier 2012


Le Cid
Corneille


Critique :

  Il y a quelques temps encore, j'étais persuadée que le théatre n'était pas fait pour être lu et qu'il valait mieux, pour découvrir une pièce, la voir jouer. Ce sont en partie les cours de français sur le théatre classique qui m'ont démontré le contraire. Depuis, j'ai lu plusieurs pièces, classiques ou plus contemporaines. Le Cid de Corneille était une lecture inévitable... Je me suis donc plongée dans ce texte en essayant de mettre de côté tous les clichés sur la difficulté de cette oeuvre, et, parfois, sur l'ennui que pouvait inspirer leur lecture ! Eh bien, je n'ai pas été déçue.

Petit rappel de l'histoire : Don Rodrigue et Chimène s'aiment. Leurs pères consentaient à leur mariage jusqu'à ce qu'ils se querellent à propos du poste de précepteur auprès du roi, poste convoité des deux hommes. Le père de Chimène, jaloux, gifle Don Diègue, le père de Rodrigue. Celui ci, trop vieux pour se venger, charge Don Rodrigue de le faire à sa place et de tuer, par un duel, son rival. Don Rodrigue se retrouve tiraillé entre son amour et l'honneur paternel.

 Il est difficile de comprendre la volonté de Don Diègue de tuer Don Gormas, père de Chimène, juste pour "préserver son honneur", car les mentalités ont beaucoup évolué depuis le XVIIème siècle (heureusement) et un tel scénario serait difficile à concevoir aujourd'hui. Cela rend la pièce intéressante et fait réfléchir sur ces valeurs que défendaient les nobles de l'époque.

Mais l'on peut dirz que l'amour de Chième et Rodrigue reste, lui, intemporel et c'est une facette émouvante des personnages, et que l'on peut comprendre. Plus discrète, l'Infante, sans être un personnage clé, est encore plus attachante. Elle est princesse, mais cela ne change rien à son amour pour Don Rodrigue, rendu impossible par leurs rangs différents et par la relation de celui ci avec Chimène, qui, bien qu'inférieure à la princesse en rang, a l'avantage de pouvoir faire de Rodrigue son époux. L'Infante aimerait cesser d'aimer pour arrêter d'en souffrir, mais elle ne peut pas changer ses sentiments. Elle attire notre sympathie, c'est une héroïne pathétique assez typique de la tragédie classique.

La décision de Rodrigue face à son dilemme m'a beaucoup surprise. Solidement ancrée à mon époque, je n'avais pas imaginé qu'il puisse privilégier son "honneur", tuant le père de celle qu'il aime. La fin aussi m'a surprise : le dernier acte n'a pas vraiment de conclusion "certaine", plusieurs fins sont possibles, contrairement à d'autres tragédies classiques. Ce n'est pas plus mal, je pense que cela laisse place à l'imagination du lecteur...

 J'aurai pu parler d'autres aspects de la pièce, mais j'ai peur de trop en dévoiler à ceux qui n'ont pas encore découvert cette oeuvre. Je confluerais donc en disant que, loin de me rebuter, l'écriture de la pièce en alexandrins m'a rendu la lecture très agréable et rythmée, et m'a donné envie de la lire à voix haute. Une vraie poésie, mais en même temps une longue histoire... que rêver de mieux ?

Coupie

1 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Blog contents © La Porte 2010. Blogger Theme by Nymphont.